On peut aujourd’hui l’affirmer, même si Nicolas Sarkozy prône des idées réformatrices et libérales, nous sommes gouvernés au centre. Comme nous étions gouvernés au centre sous Chirac quel que soit le premier ministre (Jospin, Raffarin, Villepin) comme nous étions gouvernés au centre sous Mitterrand fin de règne.
Cette constatation est facile à faire, chaque bonne idée lancée par le président, sur une réforme ou une autre, est aussitôt retoquée par les remous des dépités, des sénateurs, et bien sur des syndicats. Gouverné au centre cela veut dire pas de vagues, ne rien faire pour ne déplaire à personne. Nous sommes bien au courant nous les Toulousains, la ville a été gérée trente ans par des centristes dits de droite, mais qui ne prenaient jamais une décision de peur de déranger.
Nicolas Sarkozy paye aujourd’hui le fait que s’affirmer de droite en France est quasiment impossible tant les petites combiens de terrain, les passe-droits, les épiceries électorales sont actives. On pourrait aussi ajouter les lobbies. Depuis maintenant plus de deux ans, j’ai affirmé pour ma part que sa seule erreur avait été de ne pas créer un parti politique avec les véritables réformateurs. Il avait la possibilité de réunir autour de lui tous ceux qui ont adhéré à l’UMP pour être avec lui mais qui ne voulaient pas du RPR et de ses méthodes. Il avait la possibilité de créer un véritable mouvement avec une véritable réforme politique, son élection aurait été aussi large sinon plus.
Avoir gardé l’UMP ancien RPR comme machine électorale c’est avoir gardé la machine à perdre. Ce qui se passe aujourd’hui en est le reflet déplorable. Un gouvernement nommé non pas selon les compétences mais selon un casting pour ne déplaire à personne. Les anciens chiraquiens qui on prouvé leur immobilisme n’ont pas exemple rien à y faire. Du côté des sénateurs, c’est à peu près la même chose, ce sont les retraités de la politique qui ne rêvent que d’une chose, ne rien faire et surtout ne pas déplaire. Enfin les députés élus après la vaguée de l’élection présidentielle sont presque tous les anciens députés du chiraquisme. Là encore Toulouse est un excellent exemple, l’UMP du coin avec ses éléphants immobiles, habitués à travailler au centre ont refusé toute investiture réformatrice. Les défenseurs les plus acharnés de Nicolas Sarkozy ont été écartés pour les résultats que l’ont sait. Zéro député, plus de municipalité, pas de conseil général et pas de conseil régional. Nous sommes donc en face d’un France ingouvernable comme d’habitude, avec un président qui est pour moi toujours aussi efficace et réformateur, mais dont les idées et propositions sont tuées dans l’œuf par sa propre majorité. L’exemple de la loi sur les OGM, faite non pas pour répondre au problème d’environnement mais pour faire plaisir aux lobbies ne contente personne. La loi sur la réforme des institutions très amendée ne contente personne.
Mitterrand disait « Ne fais jamais la politique de tes adversaire, tes amis t’en voudront et tes ennemis ne voteront pas plus pour toi »
Cette phrase est encore plus fraie aujourd’hui. Le président a déçu tous ceux qui comptaient sur lui et ses réformes, les sondages montrent que les Français lui en veule. Alors que ce sont les députés, les sénateurs et le gouvernement qui cassent la dynamique des réformes. Pas besoin d’opposition, la majorité se débrouille bien toute seule pour ne rien faire.
Pour changer les choses deux décisions paraissent urgentes, changer de gouvernement et mettre en place les véritables soutiens de la politique de Nicolas Sarkozy, et donner un signe fort au Français que nous sommes face à un président qui est toujours celui qui a été élu, et pas un ersatz qui a peur de son ombre.
Sans ces décisions nous allons voir monter les gens comme Besancenot, à qui les médias donnent la même notoriété qu’à Le Pen en son temps. Le trotskisme n’est pas plus fréquentable que l’extrême droite. Peut être même que le prochain candidat de droite ira lui aussi à l’île de Ré. Nous allons voir aussi grandir les mécontentements de ceux qui veulent des réformes et de ceux qui n’en veulent pas. Enfin les militants de droite vont être obligés de recommencer à s’excuser d’être de droite comme s’ils étaient atteints d’une maladie.