Lundi 21 juillet 2008

La réforme des institutions passe à une voix près, c’est avant tout une victoire de la démocratie qui prouve, si besoin était, qu’une voix suffit pour avoir la majorité.

Cette réforme a fait couler beaucoup d’encre, elle ne satisfait personne mais elle a le mérite d’exister et de marquer un véritable tournant l’année du cinquantenaire de la constitution de la cinquième république. Le contraire aurait aussi bien pu être et une seule voix  manquer à cette réforme pour la renvoyer aux oubliettes. Que n’aurait-on dit alors !

Prenons les choses dans l’ordre, la réforme des institutions, préparée par la commission Balladur a été très difficile à mettre en forme. Tout le monde se souvient des aller et retour entre le parlement et le sénat, avec à chaque fois les modifications qui rendaient certains articles caduques ou inutiles. Il aura fallut bien des efforts pour pondre ce texte, et comme tout texte rencontrant un consensus, il ne satisfait personne. Ni les tenants de la réforme qui en auraient voulu plus, ni les opposants qui en auraient voulu moins.

La véritable nouveauté de cette réforme, c’est que tout le monde y trouve son compte en partie. Le pouvoir des citoyens en premier qui se trouve renforcé avec par exemple les référendums d’initiatives populaires rendus possibles. Les pouvoir du parlement lui aussi se trouvent renforcés même si ceux qui le souhaitaient voulaient aller plus loin. Et enfin le pouvoir du président de la république. Par contre Les frilosités des sénateurs  seniors avancés, les freins des gaullistes conservateurs qui ne veulent jamais toucher à rien de ce qui s’était fait il y a cinquante ans, les querelles de basse politique des socialistes, tout cela à contribué à faire de cette réforme une réforme en demi teinte. Mais avant tout il faut saluer l’opiniâtreté de ceux qui l’ont menée à terme, avec en tête le président de la république. Il faut le reconnaître, il s’est investi personnellement dans cette affaire, avec les risques que cela comportait.

Par contre dans les jours qui ont précédé ce vote on a vu des choses qui sont bien déplorables et qui nous montrent le mauvais côté de la politique. Le PS tout d’abord dont nombre de ses élus affirmaient que cette réforme allait dans le bons sens. Même si elle était insuffisante était-il intelligent de voter NON. Les électeurs de ce parti ne doivent plus rien comprendre et maintenant que la réforme est passée, les querelles vont recommencer de plus belle.  On va voir les décomptes pour savoir qui est responsable (peut-être que Jacques Lang va être exclu) et les chamailleries après un nouvel échec ne présage rien de bon.

On a vu aussi des élus de la majorité présidentielle affirmer voter NON, alors que vont-ils devenir ? Seront-ils exclus d’un parti dans lequel ils prennent des positions de refus. Il faut rappeler que dans un parti politique il y a un temps pour les discussions et pour les négociations, où toutes les tendances doivent s’exprimer, mais ensuite vient le temps de la discipline de parti. Sans cela à quoi sert un parti politique, si ceux qui ne sont pas d’accord avec un texte devenu majoritaire font en sorte qu’il chute. Ceux là ont montré de vilaines pratiques qui durent depuis bien trop longtemps. J’espère que bon ordre y sera remis.

Enfin on a vu ce qui est encore plus moche, les tractations, les chantages, les promesses contre une voix. Cela n’est pas une belle image de notre république. Ceux qui ont « vendu leur voix » sont aussi responsables que ceux qui l’ont achetée. Cette pratique est malheureusement courante et les incorruptibles devant leurs idées ne sont pas légion parmi les élus.

Pour terminer il faut citer quand même le PRG qui a eu une attitude responsable, la réforme même insuffisante leur paraissait aller dans le bons sens. La consigne de vote à donc été le OUI ce qui est certainement une des raisons de la victoire. Cette attitude est citoyenne et responsable, je crois qu’il est important de le citer.

Nous avons donc maintenant une nouvelle constitution, notre président peut aller avec plus de sérénité présider l’Europe, mais tous les Français attendent de lui maintenant une véritable campagne de redressement du pouvoir d’achat. J’arrive d’une petite semaine à l’océan, les restaurant sont vides, on voit nettement les difficultés de tous au marché, le moral n’est pas au beau fixe même en vacances.

Là tout le monde est en attente de quelque chose pour la rentrée. Il ne suffira pas d’une voix d’où quelle vienne pour régler le problème.

 

par jazzpote publié dans : actualité
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Commentaires

Et bien écoutez j'ai bien envie d'y croire mais jusqu'ici je crains le pire. Effectivement les restos sont vides, les réservations sont annulées au coup par coup, les étals des magasins encore en solde arrivent à la troisième démarque et n'ont pas du tout écoulé leurs stocks. Les coiffeurs se tournent les pouces et les esthéticiennes jettent les cires surchauffées.Les quartiers sont pleins, les mômes ne sont pas encore partis j'ose espérer que ce sera le cas en août.

Le pouvoir d'achat, on ne le retrouvera pas de sitôt, on a six mois à tenir tout au plus, la crise des subprimes submerge à nouveau nos banques françaises.Les JO de Pékin amèneront un peu de programmes dans le vide télévisuel estival existant, mais je ne crois en rien. Les gens doivent de se prendre en main individuellement, former des réseaux d'entraide, je pense qu'au contraire, plus rien ne fonctionnera comme avant.Boulot, salaire, pouvoir d'achat, on verra Noël 2008, ça va être chaud.
J'ai confiance aux gens qui sont moins bêtes qu'il n' y paraît. Ce qui m'inquiète le plus c'est le développement progressif du travail au black et la vente sous le manteau de denrées de première nécessécité, le SEL se développe, les entreprises de services vont souffrir en fin d'année.

Espérons que celà ne durera qu'un temps.
commentaire n° : 1 posté par : M. (site web) le: 21/07/2008 22:43:40
Je suis d'accord avec ton analyse Patrick, par contre, n'en déplaise avec le commentaire de M. (ils deviennent de plus en plus discrets à gauche et se cachent, mais bon quand on est du clan des nuls àon raze les murs...!, même avec le résultat 2/3 + 1 voix, cela reste positif, et ce n'est pas la première fois qu'un vote en République depuis 1792, est adopté à une voix monsieur M ! Faut bien faire avancer ce pays, le réformer et ce n'est pas avec les traine savates de gauche que cela va changer, d'ailleurs si la France en est là, merci les socialistes ! La droite passe so temps à corriger leurs erreurs poliques !
commentaire n° : 2 posté par : Delaire (site web) le: 22/07/2008 09:42:38
Ce vote a été un exercice de basse politique basé sur les intimidations et les chantages. ne rêvons pas, nous n'aurons JAMAIS de referendum d'initiative populaire sinon pourquoi ne pas avoir fait de referendum sur Lisbonne? Quant au PRG, il est allé à la soupe pour remercier la nomination de Hory au conseil d'état et la baisse du nombre d'élus pour avoir un groupe parlementaire.CQFD!
commentaire n° : 3 posté par : philippe david (site web) le: 22/07/2008 20:27:56
Hier, je prédisais sur ce blog, que d'ici au congrès du PS, il y aurait des fissures, il n'y aura fallu qu'une journée pour qu'elles apparaissent ! En effet si un discipline de fer fut imposée aux parlementaires du PS pour s'opposer à cette révision constitutionnelle, un certain nombre repprochent la stratégie systématique ANTI SARKOSISTE, qui ne mène à rien de positif !
En effet, les électeurs repprochent aux socialistes de ne pas avoir d'idées et de passer leur temps en "chicayas, pour être vizir à la place du vizir chez les présidentiables" et quand une de leur vieille revendication de faire une réforme sur le parlement arrive, tout faire pour ne pas la voter ! Ils sont un peu fous ces romains (socialistes) !
Un élu de gauche de ma commune, me disait cela hier ! Si sur le plan local (Haute Garonne), les élus socialistes n'ont pas trop de difficultés (ils monopolisent tout dans cette région, ce qui les mets en danger d'obligation de résultats, ce qui est moins sur, par exemple la nouvelle gestion toulousaine aux dépenses exponentielles), sur le plan national ils sont très critiqués par le manque de lisibilité stratégique !
Pour revenir à Jack Lang, je crois en sa sincérité et je déplore qu'il n'est été le seul à aller au bout de ce qu'il croyait positif pour nos institutions, chapeau bas Monsieur le Député ! Et venant de moi...!
commentaire n° : 4 posté par : Delaire (site web) le: 23/07/2008 09:54:09
http://www.marianne2.fr/Constitution-Dupont-Aignan-denonce-les-pressions_a89493.html




Le député ex-UMP n'y va pas par quatre chemins : pour lui, la Constitution n'a pu être adoptée que grâce aux pressions exercées par l'Élysée sur les députés. Un reproche qui rejoint certaines des critiques que l'on peut entendre dans la majorité et même à l'Élysée.



La victoire de Nicolas Sarkozy a un goût plutôt amer dans son propre camp, qui n'est absolument pas uni sur ce sujet. A l'Élysée comme à l'UMP, le projet présidentiel est très loin de faire l'unanimité, même si le vote du Congrès ne le reflète pas. Concocté par la conseillère Emmanuelle Mignon, le texte est notamment critiqué pour son juridisme. Le défenseur des droits des citoyens - le poste promis à Jack Lang - ainsi que d'autres dispositions - le recours en constitutionnalité, le droit à l'enseignement des langues régionales, la règle d'or sur le budget - sont susceptibles d'être interprétées à maxima par les juridictions concernées. L'esprit de la Constitution - et c'est en cela qu'elle plaît aux «Modernes» - se situe dans une logique de protection des citoyens face à l'État, dans la plus pure tradition anglo-saxonne.
Autre critique entendue et répétée, celle concernant les méthodes ayant permis l'adoption du projet. On parle de députés ayant monnayé leur vote par une tête de liste aux élections régionales, ou bien encore le maintien de leur caserne. Le Président a, semble-t-il, confirmé ses dispositions à jouer sur plusieurs registres : celui des promesses bien entendu, mais aussi celui de l'affectif («Tu ne peux pas me faire ça»). Sans parler du registre qu'utilise depuis longtemps le Président, celui des menaces. Nicolas Dupont-Aignan l'a dénoncé haut et fort ce matin sur France 2 (écouter la vidéo à partir de 2 minutes pour le passage concernant les menaces contre un élu UMP) :



Mardi 22 Juillet 2008 - 17:09
Philippe Cohen
commentaire n° : 5 posté par : Delaire (site web) le: 26/07/2008 09:47:12

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