AUTAN LE DIRE des articles qui décoiffent comme le vent d'AUTAN à TOULOUSE
En général quand une entreprise est rachetée par un fond de pensions, appelé pudiquement fond d’investissement, les salariés pleurent, se révoltent et se mettent en mouvement pour sauver leurs emplois. Surtout si ce rachat est accompagné d’un plan social drastique conduisant à supprimer plus de 70% des emplois.
Aujourd’hui notre ministre des industries Christian ESTROSI crie victoire pour l’usine MOLLEX, je crois qu’au vue du dossier de reprise, on peut affirmer que c’est une victoire à la Pyrrhus.
Rappelons-nous, le groupe MOLLEX, propriétaire américain de l’usine de Villemur, cette même usine ayant été bradée par le groupe Français Labinal il y a quelques années. Cette société américaine décide pour des raisons de rentabilité de fermer le site de haute Garonne, cette fermeture mettant l’ensemble du personnel à la rue. Cette usine de Villemur est sous traitante de l’industrie automobile, elle est profitable et son savoir faire est un gage de qualité industrielle Française. Cette fermeture est donc uniquement guidée par les dérives financières de la spéculation, dérives tant décriées depuis le début de la crise financière qui touche le monde entier. Le France dans ce combat contre les dérives de ce capitalisme se voulant le chevalier blanc.
Bien sur à la suite de l’annonce de cette fermeture les salariés de MOLLEX se sont mobilisés, avec à leurs côté les élus locaux. Le combat de ces salariés est exemplaire, ils ne se battaient pas pour toucher des primes, ils ne se battaient pas pour dénoncer quoi que ce soit dans l’usine. Non ! Ils se battaient pour garder leur usine, garder leur emploi et garder leur savoir faire. L’état Français n’avait qu’une attitude à développer, celle qui consiste à aider ces salariés et surtout à conserver sur le sol Français un savoir faire pour lequel les clients sont des grandes entreprises Française de l’automobile entre autres.
Au lieu de cela, tout a été fait pour que les patrons américains du groupe puissent casser l’outil, ce sont toujours les salariés qui ont rappelé à l’état que les réunions tournaient au jeu de dupe. La vérité du dossier étant que les américains voulaient récupérer le savoir faire et continuer à vendre leurs produits au prix fort, sans avoir de concurrence à Renault, Peugeot etc. Nous avons eu droit à la valse des soi disant repreneurs, refusés par les américains. Nous avons eu aussi les certitudes que les américains ne voulaient pas de repreneur, ils voulaient tuer l’entreprise en France pour la faire renaître ailleurs. Ce feuilleton a duré plusieurs mois et les seuls qui sont vraiment à plaindre dans cette affaire ce sont les salariés qui sont toujours restés dignes.
Aujourd’hui on nous annonce que le repreneur est trouvé, qu’il convient aux américains et que c’est une belle victoire. Le ministre annonce que le repreneur est un fond d’investissement américain (les lions ne se dévorent pas entre eux) On nous annonce que ce fond d’investissement ne gardera que 50 oui 60 salariés et que les autres auront un plan de départ honnête. On nous annonce enfin que le ré industrialisation du site est en marche, mais sans nous dire ce qu’ils fabriqueront. Sachez les fonds d’investissement ne sont que des financiers, pas des industriels alors !
Les américains ont donc gagné, ils gardent leur fabrication, ils gardent leurs clients et Villemur est dans l’inconnu. Il y a fort à parier que le rachat par le fond de pension n’est qu’une opération financière pour masquer le mauvais coup que les américains ont perpétué. Il y a fort à parier aussi que cette usine ne sera plus là d’ici quelques mois et sans bruit.
Alors l’affaire n’est pas terminée, j’espère que dans ce jeu de dupes personne ne marchera sur le site et je souhaite surtout que des industriels Français, courageux il y en a beaucoup, déjà installés dans la sous traitance automobile ou aéronautique se manifestent. Bien sur les américains n’en voudront pas mais l’état doit il être complice des américains ou des salariés Français dans cette affaire.
En conclusion, les américains vont faire payer leur plan social à la France qui met 6 millions d’euros pour cette reprise. Le fond de pension lui, va récupérer un site industriel dont il n’a rien à faire pour 1 millions d’euros c’est donné. Enfin il est étonnant de voir de Monsieur que Monsieur ESTROSI ne fait pas la différence entre un fond de pension et un industriel, mais il a tant de mandats qu’il ne peut pas être partout.
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